Spécial étudiant : Comment dépasser sa peur d’écrire ?

comment dépasser sa peur d'écrire

Depuis plus de 15 ans j’accompagne des étudiants dans la rédaction de leur mémoire. Pas de choix possibles pour eux : quelle que soient les émotions que leur provoquent l’écriture, il faut faire avec et sortir une cinquantaine de pages dans le temps imparti. Alors comment faire avec sa peur et se mettre dans la rédaction? Découvrez mes conseils testés et approuvé par mes étudiants.

Conseil n° 1 : raconter une histoire

Beaucoup d’étudiants ont suivi les cours théoriques de méthodologie d’écriture de mémoire. Pourtant lorsque la dernière ligne droite est là, ils ne sont pas plus avancés. Partie théorique, problématique, hypothèse, méthode de recueil de données, analyse des résultats et discussion… c’est bien joli tout ça! Mais c’est tellement abstrait…

Si on aborde l’écriture d’un mémoire comme une histoire, tout devient plus simple. Dans la rédaction de ce type d’écrit universitaire, il faut imaginer qu’on parle à quelqu’un. Il est important d’avoir toujours en tête une personne qu’on aime beaucoup et à qui on a envie de faire vivre notre recherche.

  • On va d’abord lui expliquer les termes techniques, comme lorsqu’on est en train de prendre un verre avec elle et qu’on lui parle de nos études (la partie théorique).
  • On va lui dire les questions que ça nous pose (la problématique).
  • On va faire des plans sur la comète (les hypothèses).
  • On va lui expliquer comment on compte s’y prendre pour prouver que nos plans sur la comète ne sont pas tant sur la comète que ça (la méthodologie de recueil de données)
  • On va lui montrer brut de décoffrage ce qu’on a comme résultats (la présentation des résultats). Et on va essayer de lui montrer le sens qu’ils ont (analyse des résultats)
  • On va enfin lui raconter tout ce que ça ouvre comme champ des possibles (la discussion)

Conseil n° 2 : Ne pas rester seul

Avoir en permanence en tête une personne précise lorsqu’on écrit aide à faire venir les idées. Cet ami « imaginaire » permet aussi de ne pas se retrouver seul face à soi même. Lorsqu’on lui écrit comme si il était là, on se sent moins seul. On est pris dans l’excitation de l’explication. On laisse de côté notre peur.

Conseil n° 3 : Ne pas chercher à écrire

Pour écrire, il ne faut pas écrire. Une erreur fréquente est de chercher tout de suite à faire de belles phrases, de beaux paragraphes bien construits. Alors on tourne et retourne tout ça dans notre tête. Et la page reste d’un blanc terrifiant.

Pour avancer dans la rédaction, jetez plutôt tout sur le papier. Essayez de faire en sorte que les idées s’enchaînent. Mais ne cherchez pas à les rédiger. Si des phrases viennent tant mieux! Si ce sont juste des expressions ou si vous faites beaucoup de répétitions, ce n’est pas grave. Plus vous verrez le blanc disparaître de votre page, plus la peur d’écrire se fera petite. Une fois que vous aurez plusieurs pages noircies, vous pourrez reprendre votre texte pour améliorer le style d’écriture.

Conseil n° 4 : Chronométrez-vous

Lorsque j’étais étudiante, j’ai longtemps pensé qu’on pouvait s’enfermer des jours et des jours chez soi et écrire sans discontinuer. Comme je n’y arrivais jamais, je culpabilisais et j’angoissais. Et puis un jour, j’ai découvert qu’un cerveau très entraîné peut resté concentrer au maximum 45 minutes de suite. J’ai alors un peu moins culpabilisé.

A présent, je conseille à mes étudiants d’organiser des sessions d’écriture de 20 voire 30 minutes maximum. Ils peuvent en faire 4 ou 5 dans la journée. L’idée est de mettre un chronomètre, de couper téléphone et réseaux sociaux, et d’écrire tout ce qui vient. Là encore, c’est un moyen de voir les pages se noircir et de prendre peu à peu confiance pour faire diminuer sa peur d’écrire.

Conseil n°5 : changer d’air

Je n’ai jamais trouvé d’explication à ce phénomène dans la littérature scientifique. Toujours est-il que j’ai remarqué que lorsque je change de lieu pour écrire, de nouvelles idées me viennent.

Ainsi si vous vous sentez l’angoisse, changez de lieu. Juste changer de pièce a son petit effet. Aller travailler une heure ou deux dans un bar est aussi un bon moyen de relancer sa production d’écrit.

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